Le film Vandal

Le film Vandal

 

  Voici l'occasion de parler d'autre chose que des concerts et des sorties d'albums. Depuis le mercredi 9 octobre 2013, le film Vandal est visible en salle de cinéma. Il a été réalisé par le français Hélier Cisterne et distribué par Pyramide Distribution. Il s’agit de son premier long métrage, qui se classe dans le genre dramatique et qui traite notamment du graffiti, activité pratiquée par certains de nos membres. Eh oui on est des passionnés ici !
 

  Passons un peu à l’histoire de ce film. Elle se focalise sur un adolescent qui se nomme Chérif (Zinédine Benchenine), âgé de 15 ans. Ce garçon n’est pas bien dans ses baskets et connaît l’échec scolaire ainsi qu’une relation médiocre avec sa mère. Celle-ci se voit contrainte de l’envoyer chez son oncle et sa tante à Strasbourg. Là-bas il va commencer un CAP maçonnerie. Mais c’est surtout la fréquentation de son cousin Thomas (Emile Berling) qui va changer sa vie morne, celui-ci graffant régulièrement les murs du quartier avec quelques acolytes. Cette manière de s’exprimer va rapidement faire tilt dans son esprit et lui donner envie de s’y mettre. Tout cela en mode clandestin bien sûr.
 

  Nous avons ici affaire à un film qui souhaite nous faire mieux connaître l’univers du graffiti et son côté nocturne, esthétique, excitant et dangereux. On sent bien l’adrénaline qui monte chez les graffeurs lorsqu’ils font parler leurs bombes. Vandal n’a pas la prétention d’aborder ce thème de manière exhaustive mais tient un rôle potentiellement attractif pour les non-initiés. Et vu que ce n’est pas un documentaire,il aborde aussi les autres aspects de la vie d’un jeune garçon. En effet on suit le quotidien de Chérif qui alterne études, relation familiale et amoureuse. Cela apporte de la variété, une belle arme contre la lassitude. Peut-être que les gros passionnés auraient aimé que plus de place soit accordé à l’un des piliers du Hip Hop; mais la cible est clairement large ici, donc il faut faire des concessions. A noter la présence de Jean-Marc Barr, de Ramzy Bedia, et de Marina Foïs. On aurait pu craindre qu’ils éclipsent les autres acteurs vu leur statut de célébrité, mais ce n’est heureusement pas le cas.

  Vous l’aurez sans doute deviné, on vous conseille d’aller voir Vandal, sinon on ne lui aurai pas réservé un article. Pas de temps à perdre avec des oeuvres sans intérêt. Les graffitis, réalisés par Lokiss, Pisco Logik et Orka, forcent le respect, d’autant qu’on nous montre bien que la vie d’un artiste de rue n’est pas de tout repos. Son envie insatiable de repousser ses limites en travaillant sur des lieux de plus en plus périlleux est bien mis en valeur. Hélier Cisterne apporte un vent de fraîcheur au cinéma français, encore trop rempli de comédies légères insipides. La bande-son est également plaisante et s’adapte sans soucis aux situations diverses. Certes, Vandal ne bouleversera pas une bonne partie du public, mais il a de quoi le surprendre et l’amener à réfléchir sur cette période délicate de l'adolescence et sur cet art à part entière qu’est le graffiti.